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La peur de l’abandon : comprendre son origine et s’en libérer grâce à la thérapie

La peur de l’abandon est l’une des blessures émotionnelles les plus douloureuses et les plus fréquentes. Elle traverse les relations amoureuses, familiales, amicales… et peut faire naître une forme d’insécurité intérieure difficile à exprimer mais profondément ressentie.

Cette peur ne vient pas du présent : elle prend racine dans une période où nous étions vulnérables et dépendants d’un adulte pour survivre — l’enfance. C’est à ce moment-là que se tissent nos modèles d’attachement et notre capacité à nous sentir en sécurité dans nos relations.

Comprendre d’où vient cette peur, comment elle se manifeste aujourd’hui et comment la thérapie peut aider à la transformer est un pas essentiel vers la reconstruction d’un sentiment de sécurité intérieure.

D’où vient la peur de l’abandon ?

La peur de l’abandon surgit lorsque l’enfant a vécu des situations où sa sécurité affective a été fragilisée.
Cela peut être lié à :

Un parent peu disponible émotionnellement

L’enfant sent que ses émotions dérangent ou ne trouvent pas d’écho.

Une séparation précoce

Hospitalisation, rupture familiale, changement brusque de figures d’attachement.

Un parent instable, imprévisible ou préoccupé

L’enfant ne sait jamais à quoi s’attendre : présence un jour, distance le lendemain.

Un environnement anxiogène

Où l’adulte lui-même est submergé par ses propres difficultés.

Dans ces contextes, l’enfant développe une stratégie inconsciente : chercher à tout prix la proximité, car elle devient vitale.
Plus tard, l’adulte ressent encore cette urgence émotionnelle — même lorsque la situation ne justifie plus une telle intensité.

Comment la peur de l’abandon se manifeste à l’âge adulte ?

La peur de l’abandon impacte profondément la vie relationnelle.

Voici les manifestations les plus fréquentes :

1. La dépendance affective

La personne s’accroche, a du mal à être seule, se définit à travers l’autre.

2. Le besoin constant d’être rassuré

“Tu m’aimes encore ?”,
“Tu vas revenir ?”,
“Tu ne vas pas me laisser ?”

L’autre devient une source de sécurité — et donc de crainte.

3. La difficulté à tolérer l’absence ou la distance

Un silence, un message non répondu, un imprévu… peuvent déclencher une forte anxiété.

4. La peur excessive de perdre quelqu'un

Même si la relation va bien, le danger est anticipé en permanence.

5. Les réactions émotionnelles intenses

Crises de larmes, colère, panique, retrait brutal… pour éviter la sensation de vide.

6. Le choix de partenaires indisponibles

Paradoxalement, certaines personnes reproduisent inconsciemment ce qu’elles ont connu : elles s’attachent à des partenaires absents, instables ou fuyants.

La peur de l’abandon est un mécanisme émotionnel profond, ancré dans l’histoire de chacun.

Pourquoi cette peur persiste même dans des relations sécurisantes ?

Parce que la blessure est en nous, pas dans l’autre.

Même avec un partenaire aimant, présent et rassurant, l’adulte peut ressentir de l’inquiétude, de la jalousie ou de la panique à l’idée d’être laissé seul.
Ces émotions ne parlent pas du présent : elles parlent d’un enfant intérieur qui a manqué de stabilité.

Cette peur s’active particulièrement :

  • quand le partenaire s’éloigne,
  • quand il y a un conflit,
  • quand l’autre semble occupé,
  • quand un changement perturbe le quotidien,
  • quand une relation compte beaucoup.

Plus la relation est importante, plus la peur peut être vive, car il y a plus à perdre.

Ce qui se joue derrière la peur de l’abandon : le besoin de sécurité

La personne qui porte cette blessure recherche avant tout un sentiment de sécurité affective.
Pour l’enfant, ce besoin est fondamental.
Pour l’adulte, il continue d’être primordial — mais il doit progressivement être nourri de l’intérieur.

La guérison implique d’apprendre à :

  • se sentir en sécurité avec soi-même,
  • reconnaître ses propres besoins,
  • calmer ses émotions intenses,
  • se détacher des scénarios catastrophes,
  • construire des liens plus équilibrés.

Comment la thérapie peut aider à apaiser la peur de l’abandon ?

La thérapie offre un espace privilégié pour comprendre et transformer cette blessure.
Voici ce qu’elle permet :

1. Comprendre l’origine de la peur

Revenir sur l’histoire personnelle pour relier les émotions actuelles à l’enfance.

2. Apaiser l’enfant intérieur blessé

Lui offrir — enfin — une présence stable, douce et attentive.

3. Identifier les schémas relationnels répétitifs

Attirer des personnes indisponibles, s’accrocher trop vite, s’abandonner soi-même…

4. Apprendre à se rassurer soi-même

Développer une sécurité interne qui ne dépend plus entièrement des autres.

5. Renforcer l’estime de soi

Se sentir digne d’amour, légitime, important.

6. Cultiver des relations plus saines

Poser des limites, dire ce que l’on ressent, inviter le partenaire à comprendre la peur sans la porter.

Avec le temps, la personne apprend à passer de :
— « j’ai peur que tu me laisses »
à
— « je sais que je peux me soutenir moi-même ».

C’est là que la véritable liberté émotionnelle commence.

La peur de l’abandon est une blessure profonde, mais elle n’est pas une fatalité.
Elle parle d’un enfant qui a manqué de sécurité, mais elle ne définit pas l’adulte que vous êtes.

La reconnaître, l’écouter, l’apaiser…c’est se donner la possibilité de vivre des relations plus stables, plus saines, plus douces.

C’est apprendre à se sentir bien avec l’autre — mais aussi avec soi.